où vous-même êtes le spectateur de ce que crée votre esprit/souffle/coeur ou corps.

Je ne suis pas trop sûre de la formulation mais j'essaie de faire comprendre combien le peintre de l'abstrait n'est absolument pas le peintre du figuratif. Bien sûr, on peut faire les deux mais on n'est pas le même face à l'abstrait et face au figuratif. C'est un peu comme dans la vie, vous prenez des décisions sur la base d'intuition : là, ce sont des couleurs, des mélanges de couleurs, là-bas un mouvement à gauche et non pas à droite, et plus loin c'est un anti-mouvement parce que si vous continuez à pousser le pinceau dans cette teinte, vous allez tuer le tableau. Donc, le mieux est de s'arrêter, "le mieux est l'ennemi du bien" comme le rappelle le proverbe.

C'est aussi pour ça que l'Abstrait offre un lâcher prise merveilleux. Si on veut se mettre à peindre de l'abstrait, le mieux est de se dire que c'est en fait l'Abstrait qui va nous peindre. Il n'y a rien à faire, juste laisser vos yeux, vos mains choisir sur la toile. Si c'est trop difficile, écouter une conférence passionnante ou un documentaire poignant pour occuper votre mental. Le mental parlera aussi ave votre corps, votre partie émotionnelle et vous allez oublier la peinture, elle va se faire à travers vous, tranquillement. Et en sortant sur la toile, elle aura sans doute extrait, "raffinée" (dixit le poète René Char) les scories négatives de ce qui avait besoin de quitter votre âme/coeur/corps. C'est assez souvent que la douleur physique disparaît après avoir peint/été peint par un tableau abstrait. Et avec un peu de chance, le résultat sur la toile vous plaira et fera ressortir la Beauté en vous.

Après, on peut regarder la toile en vue aérienne, dans son ensemble, et être étonné(e) de ce qu'elle offre quelque chose de, finalement, cohérent. C'est sans doute un peu comme ça que je comprends la Vie, même en des jours où parfois on ne comprend pas sa vie, car elle n'offre, de près, aucun sens ou alors du chaos, ou du non-sens, de l'absurdité. En fait, on ne parvient plus à croire à la Vue aérienne de sa propre vie. "The big picture", le grand dessein (sic) cher aux Américains...Il y a ce qu'on veut faire et ce que l'on va faire. En gros, la théorie et la pratique. et beaucoup d'entre nous, peut-être, nous voulons dessiner notre vie comme si c'était un tableau figuratif qui doit ressembler à ceci ou ça que l'on aurait décider au préalable. Mais je suppose, que tôt ou tard, on réalise qu'on n'est pas dans un tableau figuratif car rien ne ressemble, ou presque, à ce qu'on avait prévu au départ. On doit plutôt accepter non pas de réaliser un tableau abstrait mais d'être un tableau abstrait - et sans doute le peintre est la 1ère création de son tableau et non l'inverse. D'être coloré(e), découpé(e), compartimenté(e) en permanence par un tableau abstrait qui est notre vie, notre vision du monde, nos croyances, etc. Et cela requiert autant un estomac bien accroché qu'un coeur complètement rassuré pour être capable de tout lâcher et voir si les tournants peuvent être aussi enivrants et non pas seulement remuants. Bien sûr, vous l'aurez compris, si on veut malgré tout diriger le pinceau au lieu d'être dans le mouvement du pinceau, de la couleur, de la lumière, on n'est que dans le contrôle et on se casse assez rapidement en deux.

Juste une petite métaphore philosopho-picturale sur le sujet :)

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Et mon dernier tableau en cours... un lâcher prise total, pas fini encore mais qui est bien mieux, à mon goût, que ce que je voyais en peingant.

J'y vois une petite fille à l'envers - en rose-cheveux verts et robe bleue- notamment...

détail

 

Un oiseau et un bateau... ce sera donc plutôt une toile pour une chamre d'enfant peut-être ?

détail- bateau

détaik oiseau

Et vous ? Que voyez -vous ?

A bientôt :)