De nos jours, l'artiste est aussi son propre agent, sa maison de pub et son graphiste, via les réseaux sociaux où faire connaître son travail, lier des contacts avec d'autres artistes, d'autres structures de com, de ventes, d'expo, etc.

Faut-il le regretter ?

internet nous vampirise

Certes, il faut peindre ! (ou dessiner, ou écrire, ou autre ou tout ça en même temps, selon votre situation), pour reprendre une vidéo cri du coeur et du pinceau de Christophe Houllier,


Juste Peindre

C'est vrai que quand on est au clavier ou à la tchatche on est pas à l'atelier. Mais pour autant tout cela doit (pouvoir) nourrir notre âme artiste...

(Je ferai peut-être un sujet sur la dance des 5 rythmes pour cela d'ailleurs, cette idée de rester physiquement et donc mentalement dans sa version, sa vibration d'artiste même quand la vie vous force à soit cacher votre passion créative soit jouer sur un autre mode dans un travail alimentaire par exemple...).

Pardonnez cet article en escalier, j'ai le cerveau à tiroirs aujourd'hui.

Comment ne pas se perdre dans la com. pour garder son temps-taff à l'atelier ? Comment faire pour que la com nourrisse créativement le temps taff à l'atelier  =?

- déjà, peut-être établir une quotité temps pour l'un et l'autre ? J'adore me balader sur instagram et les sites d'artistes que je croise grâce à cette application, mais il faut se montrer raisonnable aussi. Ca fait du bien de voir également que les gens ajoutent des coeurs ou des commentaires à mon travail mais point trop n'en faut. Pensez au trip que ça fait quand ça danse bien sur la toile.

- regarder les comptes des autres artistes, des galeries n'est pas une perte de temps, c'est une nourriture artistique nécessaire à notre inconscient et à notre souffle créatif. C'est pas aussi sublime que de respirer par le plexus solaire les huiles d'un Van Goght ou d'un Staël en vrai, en musée, mais ça nourrit quand même.

- Evitez de se perdre dans les réseaux sociaux de la famille si possible quand on est sur le net et qu'on a fini sa session inst-art'gram

- Et puis rien n'empêche de parler technique sur instagram, et à côté des 100 wouah ! et des 200 je kiff mec, d' ajouter un message de 2 lignes cette fois sur la technique de l'artiste en question, lui poser une question entre créatifs. C'est bien plus porteur pour soi et sa réflexion artistique, sa veille créative et qui sait ? L'artiste va peut-être même vous répondre.

Peut-être a-t-on l'impression de manquer d'atelier parce que -1) quand on n'était pas encore en mission d'art, dans une vraie volonté de déployer un cheminement artistique visible du plus grand nombre possible, voire de vendre des oeuvres... On n'avait pas gérer en plus ce temps de com, et donc on passait prétenduement plus de temps à l'atelier ? A chacun de voir si cela est vrai pour lui/elle.

Pour ma part, je dirais que non.

Je peins et dessine bien plus depuis que je me suis autorisée à vivre ça "au grand jour" malgré près de 35 ans à ma table à dessin, (ah oui, il faudra aussi que je fasse un sujet DIY sur comment se faire sa table à dessin avec le baby-foot abandonné au grenier)

je dois juste ajouter plus d'heures dédiées à ce choix de vie et moins à d'autres domaines imputables - le lave vaisselle est précieux :) Les livraisons de course ou le drive hebdo aussi, le ménage via aide-ménagère à déduire des impôts, pas de série netflix ou de jeu vidéo énergivores, etc. - Sinon, une séance chez un coach de vie compétent et il/elle vous trouvera tout de suite comment organiser votre semaine, fissa !

Peut-être a-ton l'impression de manquer d'atelier parce que 2) on a encore plus d'idées et d'envies à cause de ce temps de com où on voit tout ce que les autres artistes font de bien et tout ce que nos échanges pour parler de notre travail nous renvoie d'inspirations, de découvertes sur nous-mêmes, etc. Non ?

L'autre question est : est-ce que ça va durer ? Faudra -t-il toujours se battre entre je fais de la com/je veux peindre , je dois gérer le quotidien/ je veux peindre / je dois gérer la com, les salles d'expo, le site, etc.

On peut supposer que non, c'est juste la course, le rush des débuts quand il faut finir la peinture de la boulangerie, tout en remplissant les papiers du prêt et commander la farine ou négocier le prix du luminaire, tout en faisant du pain et des gâteaux aux premiers clients... 

Combien de temps cela peut-il durer ? Je table sur un ou deux ans pour ma part. Même si je passe, dès à présent au bout de 3 mois, moins de temps sur facebook de manière un peu aléatoire et ne me laisse plus piéger par la liste des notifications.

Côté com, même si Internet est incontournable, ne pas nier non plus l'intérêt des parutions locales, départementales, régionales, voire nationales.

Faut-il s'abonner à _connaissances des arts_ et autres ? Je vous laisse seule en juger ;  en lire un de temps en temps sur un sujet précis emprunté à la bibliothèque me paraît déjà pas mal.

En revanche, éplucher une fois par semaine un support de presse locale en vue d'idées à exploiter (salle d'expo possible, assos d'arts, école primaire qui accueille des artistes en résidence, élu(e) local(e) porté(e) sur l'ART, etc.), c'est évident ! De même que ces affreuses parutions payées par nos impôts, les 200 000 exemplaires en boîtes aux lettres de nos chers élus généraux, d'agglo, de ville, de régions.... Qui participent aussi à la surcharge du recyclable et qui ne sont qu'à moitié lus en fait. Autant les exploiter artistiquement aussi... En sources de com, avant d'en faire bien sûr des essais en papier mâché :)

Bref. Si j'ai été utile, je ne sais pas, mais au moins, ça m'encourage un peu... Deux ans ? OK !

 

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Source photo : capture écran sur vidéo le Monde, https://www.youtube.com/watch?v=KZI9PRg32Pg